Description

[Résumé éditeur]
Du croquis à la peinture à l'huile, restées à l'état original ou diffusées par l'Intermédiaire de la gravure, seules ou en conjonction avec le récit viatique, les images du voyage en Orient véhiculent une image riche en contrastes et souvent ambivalente. Au siècle des Lumières, de l'Acropole et des Pyramides d'Egypte aux vestiges de l'Empire byzantin et aux prestiges de la Cour ottomane, il s'agit d'autant d'Images apparemment disparates, mais qui proposent un regard nouveau sur l'Orient méditerranéen. Source d'Inspiration et de réflexion pour les artistes et les architectes, les images viatiques, qui alimentèrent les débats artistiques de l'époque, sont un ensemble précieux et irremplaçable pour le géographe, l'historien, l'ethnologue et le littéraire. Dans une approche thématique de l'Orient méditerranéen, cet ouvrage traite successivement du paysage, de l'histoire naturelle, des vestiges antiques, de l'architecture moderne et des populations. Il s'attarde, en outre, sur les analogies, les divergences et la complémentarité des images viatiques françaises avec celles d'autres voyageurs notamment britanniques. Si l'iconographie viatique du XVIIIe siècle a repris et développé des stéréotypes existants, elle fut le témoignage d'un orientalisme précoce, original, coloré d'anciennes rêveries sur l'Orient des merveilles renouvelées par la civilisation ottomane et procurant aux restes de la Belle Antiquité le vernis de la nostalgie.

[Extrait du compte-rendu Émilie Francez]
"L’hétérogénéité des documents ainsi rassemblés a conduit l’auteur à choisir une approche thématique pour restituer la richesse et la diversité de ces sources. L’ouvrage est organisé en quatre thèmes majeurs : l’étude de la représentation du paysage urbain, naturel ainsi que la faune et la flore des contrées visitées ; l’illustration des vestiges antiques, notamment ceux de la Grèce, de l’Égypte, ainsi que les grands sites archéologiques de Balbek et Palmyre ; l’architecture religieuse, monumentale et domestique de l’Empire ottoman ; et pour terminer une analyse des modes de représentation des populations de l’Orient méditerranéen. Cette approche thématique permet au lecteur de mieux envisager les différents regards portés sur le monde oriental et surtout de comprendre leurs évolutions, tant sur le plan formel qu’intellectuel.
Dans la première partie, consacrée au paysage, Irini Apostolou introduit le propos en revenant sur les premières représentations de l’Orient méditerranéen datant du Moyen-Age et de la Renaissance, dont les évolutions ont suivi le développement des voyages au Levant. Le premier chapitre nous montre par exemple le rôle des ambassadeurs ainsi que celui de l’espionnage militaire dans le développement de l’iconographie et la connaissance de la topographie des villes d’Orient. Puis, l’auteur s’attache à nous montrer le développement progressif d’un effort de connaissance dans les premières décennies du xviiie siècle. Avec l’émergence du « Voyage pittoresque » les représentations visuelles de la nature, de la ville et des activités de la population prirent une place plus importante dans la littérature de voyage, ainsi que l’ambition de rendre compte de la réalité des contrées visitées. Elle s’attarde quelques temps sur la dimension iconographique de cette littérature de voyage afin de montrer comment les artistes diversifièrent leurs approches des paysages urbains et naturels (allant des vues stylisées aux compositions pittoresques en passant par les vues panoramiques). D’une manière générale cette première partie souligne les efforts des voyageurs et des artistes pour décrire et illustrer les différents aspects des paysages naturels et urbains rencontrés au cours de leurs pérégrinations. Cependant, il apparaît que le plus grand obstacle à ce projet fut l’influence des règles de la peinture académique classique qui conduisit les artistes – ou les éditeurs – à réinterpréter les œuvres « au goût de l’époque »."

Titre

L’orientalisme des voyageurs français au XVIIIe siècle : une iconographie de l’Orient méditerranéen

Créateur

Éditeur

Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago Mundi »

Date

2009,

Langue

Couverture temporelle

18e

Format

453 p.

Source

Droits

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